Nola Metro Gold II
Jo�ël Chevassus - Septembre 2017

Cela faisait longtemps que j'avais envie de tester chez moi une paire
d'enceintes acoustiques Nola Speakers.
En effet, il y a parfois une empreinte sonore qui retient votre
attention, et qui vous fait aimer une marque d'enceintes tout
simplement parce qu'elles d�éclenchent en vous une vraie sensation de
plaisir.
D'autant que je me souvienne, je n'ai jamais �ét�é d�é�çu par une seule
�écoute de Nola en salon. Pourtant, j'ai assist�é �à de nombreuses
d�émonstrations, des plus petits mod�èles au plus grands, et, �à chaque
fois, la fluidit�é du message sonore sortant de ces caisses en bois
laqu�é m'a enthousiasm�é, et incit�é �à rester assis un bon moment au c�ôt�é
de Carl Marchisotto, leur concepteur, non pas pour discuter technique
mais pour tout simplement partager une �écoute.
Je crois bien que ce cas est unique, et je n'ai pas en m�émoire
d'autres exemples d'�écoutes successives des r�éalisations d'un
fabricant d'enceintes qui aient pu me faire r�éagir dans le bon sens
aussi unanimement... M�ême la d�émonstration il y a quelques ann�ées du
haut de gamme Nola "Grand Reference" dans une salle de taille modeste
�à Munich, semblant �à premi�ère vue inadapt�ée �à un tel syst�ème, m'avait
vraiment interpel�é par la qualit�é de la prestation d�élivr�ée ce jour
l�à...
Carl Marchisotto connait bien s�ûr parfaitement son affaire et
certaines petites astuces sont r�ép�ét�ées invariablement comme celle de
positionner les transducteurs sur le mur de la longueur, privil�égiant
l'espacement lat�éral par rapport au recul du point d'�écoute, ainsi que
le fait de d�éporter les �électroniques afin de garder un espace vierge
entre les deux enceintes. C'est sans doute moins int�éressant pour le
fournisseur d'�électroniques associ�ées de voir ses produits cantonn�és
dans un angle de la pi�èce, mais Carl est inflexible sur la mise en
œuvre de ses produits car seul compte le r�ésultat �à l'�écoute.

La physionomie parall�él�épip�édique des enceintes Nola renforce
ce c�ôt�é un peu "vieille �école", en choisissant des haut-parleurs assez
classiques, c�ônes et rubans. Mais cette volont�é de travailler dans les
r�ègles de l'art, conf�ère n�éanmoins une certaine originalit�é �à cette
production, �à force de voir se propager un peu partout au sein de
l'offre mondiale les membranes c�éramique Acuton.
Ecrire d'ailleurs que les enceintes Nola sont conventionnelles serait
inexact. Le fait de travailler sur une base de baffle plan (dipole)
pour les hautes fr�équences et sur une structure bass reflex dans le
bas du spectre, et sans pour autant perdre l'homog�én�éit�é des formes et
du r�ésultat sonore, est assez in�édit.
J'aime aussi le style sans chichi de la famille Marchisotto. Carl est
un personnage entier et on ne s'embarrasse pas avec lui de faux
semblants ou de mise en sc�ène pompeuse destin�ée �à mettre en avant le
c�ôt�é exclusif de ses produits ou �à en justifier (de fa�çon plus ou
moins habile) le prix demand�é.
Non, avec les Marchisotto, c'est du direct, du simple et une certaine
forme de constance dans la fa�çon d'aborder les choses : le plaisir
d'�écouter de la musique, et pas grand chose d 'autre...
Carl Marchisotto m'a d'ailleurs confi�é que la r�éorientation de son
entreprise vers une structure exclusivement familiale (i.e. p�ère, m�ère
et fille) lui avait permis de r�éduire consid�érablement le temps et
l'�énergie perdus dans les luttes intestines, les probl�èmes d'�égo et
les conflits d'int�ér�êts que peut rev�êtir l'association capitalistique
avec de tierces personnes. Simple mais efficace, et sans doute aussi
la voix de la raison dans un march�é aussi fragment�é et bataill�é que
celui des enceintes haut de gamme...
Il est loin le temps o�ù Carl Marchisotto officiait chez Dalquist en
tant que concepteur de nombreux mod�èles phares comme les DQ-8, DQ-12
et DQ-20. Carl, Marylin (son �épouse), et Kristen (sa fille) sont les
trois personnes qui de la famille �à diriger l'entreprise Accent
Speaker Technology Ltd, et la marque Nola.
C'est ainsi qu'�à la sortie de la seconde g�én�ération des Metro Grand
Reference Gold, Carl m'a propos�é de les tester en avant premi�ère,
opportunit�é que j'ai saisie avec le plus grand plaisir.

Cette nouvelle version est une revisite en profondeur du
pr�éc�édent mod�èle, la Metro Grand Reference Gold, elle-m�ême �étant une
�évolution de la version originale "Metro Grand Reference".
Au del�à de ce nouveau mod�èle, culminent les enceintes Grand Reference
VI Gold et Concert Grand Reference Gold.
Presque tout a �ét�é modifi�é �à l'exception de la caisse et du
haut-parleur de m�édium. Ainsi, les deux transducteurs de grave en
magn�ésium ont �ét�é retravaill�és, afin d'en abaisser la distorsion et
d'accro�ître par cons�équent le niveau de pr�écision et la plage
dynamique. Le tweeter a ruban a �également �ét�é revisit�é ainsi que le
filtre qui b�én�éficie de composants encore plus haut de gamme que ceux
de la pr�éc�édente version.
Enfin, les Metro Gold 2 sont dot�ées en standard du syst�ème de double
plateforme �à billes qui permet d'isoler les vibrations parasites et
n�éfastes du contact avec le sol.
Carl Marchisotto est venu installer dans ma pi�èce avec son
distributeur fran�çais, la soci�ét�é Tecsart, des colonnes assez fines et
discr�ètes, dans une livr�ée de laque noire tr�ès �él�égante. Ces enceintes
sont propos�ées de s�érie en finition bois de rose laqu�é, mais je trouve
que l'alliance du noir laqu�é avec les �él�éments de finition dor�és
constitue finalement une combinaison tr�ès esth�étique. D'autres teintes
et finitions sont �également disponibles sur demande.

Les deux woofers coniques d'origine SEAS, en alliage de
magn�ésium sont le fruit d'une customisation tr�ès pouss�ée (fabriqu�és
sur cahier des charges). Ces haut-parleurs de dimension modeste (16
cm) b�én�éficient chacun de leur propre charge isol�ée et asym�étrique de
type bass reflex avec un �évent arri�ère de dimension g�én�éreuse. La
caisse embarquant les deux woofers est constitu�ée de 5 strates, dont
les deux derni�ères couches int�érieures servent �à amortir les
r�ésonances interne du cabinet.
Les ferrites standard des woofers ont �ét�é remplac�ées par des aimants
Alnico garantissant un niveau de distorsion plus bas et donc davantage
de pr�écision et de clart�é. La version 2 des Metro Gold, embarquant de
nouveaux transducteurs de grave, r�éduit encore le niveau de distorsion
dans le bas du spectre, avec aussi une am�élioration de la r�éponse
dynamique des deux woofers Alnico. Le grave / bas m�édium est ainsi
subjectivement plus rapide, descend plus bas et sans tra�înage
audible. La masse de la structure mobile de chaque haut-parleur (13
grammes) est tr�ès l�ég�ère par rapport �à ce qu'on trouve g�én�éralement
dans cette cat�égorie de transducteur.
L'ogive centrale en cuivre et plaqu�ée or sert �à la fois de cache noyau
et de correcteur de phase. Le plaquage or n'est pas l�à uniquement pour
des raisons esth�étiques ou pour rench�érir le prix de cette version
mais pour sa capacit�é �à mieux amortir les vibrations sur cette partie
du haut-parleur et assurer ainsi une meilleure r�éponse du HP et une
directivit�é moins marqu�ée.
Cette d�écision d'�évoluer vers ces options plut�ôt on�éreuses a �ét�é
valid�ée apr�ès de nombreuses s�éances d'�écoutes comparatives entre
ogives standard et ogives plaqu�ées or.
Le haut de l'enceinte est une prolongation de la face avant, mais
compl�ètement ouverte sur les c�ôt�és et l'arri�ère, �à l'instar d'un
montage baffle plan. Cette architecture permet de limiter toute
coloration ou son de boite en neutralisant de fa�çon radicale la
probl�ématique de l'onde arri�ère des haut-parleurs. Dans ce cas de
figure, c'est donc la salle d'�écoute toute enti�ère qui fait fonction
de chambre de d�écompression de l'onde arri�ère des transducteurs de
m�édium-aigu.
Cette structure h�éberge ainsi un c�ône de m�édium en papier trait�é de 11
cm, lui aussi dot�é d'un aimant Alnico, et un tweeter �à ruban (membrane
aluminium) manufactur�é en Serbie (chez le fabricant RAAL), capable de
monter �à 100 kHz sur le papier. Le ruban est plac�é entre des barreau
d'aimants n�éodyme et est reli�é �à un transformateur adaptateur
d'imp�édance afin de la ramener �à 8 Ohms.
Les Metro Gold 2 b�én�éficient d'une �évolution du profile de la platine
chargeant le ruban, usin�ée directement chez Nola, et visant �à
accro�ître encore davantage l'ouverture et la transparence du
tweeter. Le transducteur conique de m�édium est exploit�é sur une large
bande de fr�équences allant de 200 Hz �à 3.500 Hz, ce qui permet de
garder une certaine coh�érence en mati�ère de phase acoustique et de
r�éponse en amplitude sur cette zone critique. Il est positionn�é de
fa�çon asym�étrique afin de limiter l'effet de peigne.

Carl Marchisotto est un partisan du mono c�âblage. Les borniers arri�ère
sont par ailleurs usin�és dans un cuivre de haute qualit�é et tout le
c�âblage de interne de l'enceinte est r�éalis�é avec des conducteurs mono
brin argent haut de gamme de chez Nordost.
Le filtre de l'enceinte est r�éparti sur trois circuits s�épar�és afin de
limiter les perturbations magn�étiques, et embarque les meilleurs
composants du march�é en termes de condensateurs et de
selfs. L'architecture est bas�ée sur un filtrage propri�étaire �à pente
variable (variant de 6 �à 12 dB). Carl Marchisotto n'est pas un adepte
des pentes raides. En effet, il consid�ère que ceux-ci sont trop
p�énalisants en mati�ère de r�éponse sur les transitoires.
Le c�âblage des circuits est r�éalis�é en l'air et les condensateurs
utilis�és figurant parmi le tr�ès haut de gamme �à faible inductance de
chez Mundorf. Carl Marchisotto s'attache �à n'employer aucune self �à
base de fer ou de ferrite, ni de circuits imprim�és, ni de fusibles
d'aucune nature, ce afin de garantir la lin�éarit�é la plus �élev�ée.
En termes de sp�écifications techniques, les Nola Metro Gold 2
affichent les performances suivantes:
- R�éponse en fr�équences de 25 Hz �à 100 kHz,
- Sensibilit�é assez basse de 87 dB
- Imp�édance nominale assez confortable de 8 Ohms, avec un point bas �à 4 Ohms (entre 100 et 150 Hz).


Impressions d'�écoute:
Il a fallu travailler le positionnement des enceintes de fa�çon
pr�écise, ce qui n'est a priori pas une grande surprise. N�éanmoins, le
positionnement de mes enceintes, tel qu'indiqu�é par le marquage au
sol, fonctionne g�én�éralement assez bien avec d'autres paires
d'enceintes, quel que soit leur format.
Mais cette forme d'universalit�é ne s'est pas v�érifi�ée avec les Nola
qui n�écessitent �à la fois assez peu de pincement, voire pas du tout,
et aussi un certain �éloignement des murs lat�éraux. Je ne peux pas dire
que mon positionnement habituel �était totalement inefficient, mais il
a fallu l'optimiser progressivement pour retrouver ce son typique des
enceintes Nola que j'affectionne particuli�èrement. Le son des
r�éalisations de Carl Marchisotto est caract�éris�é par une fluidit�é
assez peu commune, ainsi qu'une holographie vraiment bluffante.
Pour moi, les Nola sont �à l'enceinte acoustique ce que le tube est au
transistor en mati�ère de pr�éamplification, non pas qu'il soit
impossible d'arriver �à un r�ésultat tr�ès proche avec des transistors,
mais c'est tellement plus �évident d'obtenir cette illusion de pr�ésence
et d'incarnation avec un bon pr�éampli �à tube, alors que c'est toujours
beaucoup plus compliqu�é avec des �étages �à transistors...
Utilisez une belle paire de Nola avec une amplification �à tube
suffisamment puissante pour faire face �à un rendement peu g�én�éreux, et
c'est une apoth�éose de fluidit�é, comme si les mol�écules d'air se
chargeaient elles-m�êmes de musique.
Bref, il m'a fallu un peu de temps pour trouver le positionnement
id�éal mais cela en valait la peine : l'image s'�élargit et l'espace
devient liquide.

La qualit�é de timbres est aussi au rendez-vous avec un tr�ès joli
bas m�édium, riche et vari�é, ainsi qu'un haut m�édium tr�ès satur�é.
Le tweeter �à ruban s'int�ègre tr�ès naturellement au dessus de ces
moyennes fr�équences tr�ès charnelles. La qualit�é du tweeter est assez
bluffante �également. Il y a bien s�ûr cette �él�égance naturelle du
ruban, mais il y aussi beaucoup de vie et de rythme. C'est tr�ès
habilement fait et l'association est vraiment r�éussie, mieux de toute
�évidence que ce que j'ai pu �écouter chez Apertura ou Lawrence Audio
pr�éc�édemment, enceintes qui donnaient pourtant d�éj�à de bons
r�ésultats...
Les basses fr�équences sont toujours une gageure sur des colonnes de ce
format fonctionnant en bass reflex. On obtient des r�ésultats tr�ès
variables mais on n'a pas pour autant l'extension et l'amplitude qu'on
pourrait avoir avec de plus grosses enceintes et de plus gros HP.
N�éanmoins, ce registre semble avoir nettement progress�é par rapport
aux pr�éc�édentes versions des Metro Gold. Du coup, m�ême si la tension
dans le grave n'est pas aussi saisissante qu'avec les Vivid Audio G1,
les Metro Gold 2 ne laissent pas apparaitre un quelconque sentiment de
frustration, surtout si on �écoute essentiellement de la musique
acoustique. Elles savent se montrer �également convaincantes sur de la
musique amplifi�ée ou �électronique mais elles ne sont certainement pas
aussi universelles que les Vivid Audio.
L'�équilibre g�én�éral de l'enceinte m'a paru vraiment tr�ès bon. Si j'ai
pu �émettre plus haut quelques r�éserves par rapport �à une paire
d'enceintes allant plus loin dans le bas du spectre, je ne toucherais
sinc�èrement �à rien sur les nouvelles Nola Metro Gold car l'�équilibre
est proche de la perfection.
Ce sont des enceintes qu'on recommandera certainement davantage aux
amateurs de musique classique ou de jazz, ou de vari�ét�é et d'op�éra,
qu'aux fans de heavy metal. Carl Marchisotto a d�évelopp�é une enceinte
selon ses affinit�és, et l'homme �écoute principalement du classique et
du jazz, ceci explique cela...
Mais pour en revenir au registre grave, il est surprenant car la
r�éponse de l'enceinte dans cette bande de fr�équences est
subjectivement convaincant. Le grave est rapide, il n'est pas lourd
mais plut�ôt nuanc�é. L�à encore, la coupure avec le HP de m�édium est
vraiment tr�ès bien amen�ée et on a presque l'impression d'�écouter une
enceinte large bande qui serait plus lin�éaire dans le bas et le haut
de sa bande passante que le seul haut-parleur typique embarqu�é par ces
derni�ères.

Les Metro Gold 2 sont particuli�èrement performantes en ce qui
concerne la restitution des voix. Le grain ainsi que la sensualit�é
cristalline des voix f�éminines sont magnifiquement reproduits.
Sur l'album "Handel" de Sonya Yoncheva, c'est vraiment flagrant. Je ne
suis pourtant pas un inconditionnel de Handel bien qu'il m'arrive d'en
�écouter assez souvent.
En fait, l'�écoute de l'album de la soprano bulgare avec les Nola m'a
rappel�é l'une des le�çons (conf�érences-concert) de William Christie et
ses Arts Florissants qu'il avait donn�é en 2015 �à la Philharmonie de
Paris �à propos de la r�éthorique de la passion et l'�éloquence dans la
musique baroque.
J'avais �ét�é assez bluff�é par la justesse de chacune des deux
interpr�ètes f�éminines (Luc�ía Mart�ín-Cart�ón et L�éa Desandre) dans
l'incarnation des dif�érents sentiment et �états de l'�âme humaine. Et,
avec les Metro Gold 2, j'ai ressenti une �émotion analogue, pure et
tr�ès directe, comme si l'�éloquence de la musique de Handel n'avait pas
perdu de son �éclat �à mes oreilles depuis cette performance live. C'est
vraiment une sensation troublante.


Sur la voix jazz de la chanteuse du pays du matin calme (Youn
Sun Nah) capt�ée en live �à Munich en duo avec Ulf Wakenius, les Metro
Gold 2 ont tout autant servi les timbres de la Cor�éenne.
La modulation de la voix ainsi que sa douceur dans les aigus a �ét�é
magnifiquement reproduite. Le tweeter �à ruban est vraiment un
excellent transducteur car la fa�çon de chanter de Youn Sun Nah tr�ès
pr�ès du micro peu parfois amener quelques duret�és si le haut du
spectre n'est pas g�ér�é de fa�çon exemplaire et que la mezzo se lance
dans un scat enrag�é ou dans des vocalises de soprano...
L�à encore, la guitare de Wakenius sonne de fa�çon tr�ès naturelle et
conform�ément �à ce que pourrait d�élivrer un large bande performant sur
l'ensemble de sa bande de fr�équences. Le filtrage semble vraiment
avoir �ét�é r�éalis�é dans les lettres de l'art.

Passons �à l'�étape suivante avec la chanteuse de jazz soul le
plus �énigmatique de l'histoire de la musique noire, la d�énomm�ée
Rachelle Ferrell, et ses enregistrements live �à Montreux.
De m�ême qu'avec les �« mont�ées dans les tours �» de Youn Sun Nah, la
chanteuse nord-am�éricaine ne pose pas plus de soucis aux Metro
Gold. La coh�érence des timbres de la voix de la diva impressionne sur
la totalit�é des octaves chant�ées. Les attaques de piano sont aussi
tr�ès nettes, faisant �état sans doute d'une r�éponse impulsionnelle en
progression par rapport �à la premi�ère version.
L'ambiance live du concert est �également tr�ès bien reconstitu�ée avec
une sensation de profondeur accrue ainsi que d'une sc�ène sonore assez
�étendue.
Ce qui m'a frapp�é, c'est que les changements d'interpr�ètes f�éminines
sont vraiment marqu�és �à l'�écoute des Metro Gold 2, davantage en tous
cas qu'avec les Vivid, ce qui t�émoigne d'une justesse de timbre sans
doute d'un tr�ès haut niveau avec mes h�ôtes am�éricaines.

Sur les grandes masses symphoniques, les enceintes de Carl
Marchisotto arrivent �à recr�éer une superbe image tridimensionnelle,
avec un grave charpent�é mais rapide et sec.
C'est impressionnant comme elles arrivent �à descendre dans les tr�ès
basses fr�équences avec une cette tenue et ce niveau. La r�éponse est
subjectivement tr�ès bonne, m�ême si en retrait par rapport �à mes
grosses Vivid Audio dans l'infra grave.
Un ami pass�é entendre cette nouvelle version �à la maison (il poss�ède
une paire de Metro Gold originales) a �ét�é surpris par l'image st�ér�éo
et le fait que les Metro Gold 2 arrivent �à occuper l'espace de ma
pi�èce comme si elles �étaient beaucoup plus imposantes. Il a raison, je
pense que je pourrais tr�ès bien vivre avec une paire de Metro Gold
sans ressentir le besoin d'�évoluer vers les mod�èles sup�érieurs, plus
encombrants.
Sur l'enregistrement de Pentatone Classics de Marc Albrecht dirigeant
l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg dans la Symphonie en Fa
di�èse, opus 40 de Korngold, les impacts de l'orchestre ainsi que la
tenue des transitoires m'a parue excellente pour ce type de
colonnes. En fait, je ne me rappelle pas avoir entendu des enceintes
de cette taille qui soiussi pr�écises et transparentes.
Il y a aussi une tr�ès grande lisibilit�é entre le haut et le bas m�édium
qui fait que rien ne sonne jamais vraiment sombre, ou tronqu�é par une
r�éponse en fr�équences qui ne serait pas assez lin�éaire.
L'articulation dans le scherzo du second mouvement m'a sembl�é
�également excellente. C'est superbement fait et encore l�à, le filtrage
est ind�étectable : tout coule de fa�çon tr�ès fluide, presque
liquide. Le r�ésultat d�épendra bien �évidemment de l'amplification qu'on
mettra en amont de cette paire d'enceintes au rendement plut�ôt bas (87
dB).
Ce ne sont pas des enceintes particuli�èrement difficiles �à faire
marcher, mais comme toute enceinte haut de gamme, la Nola Metro Gold 2
donnera son plein potentiel avec les meilleures �électroniques.
Le petit amplificateur num�érique tout en un Lumin M1 avec ses 50 W de
puissance sous 8 Ohms a su les faire fonctionner tr�ès correctement
sans pour autant arriver �à l'ouverture et le niveau de r�éalisme de
deux Luxman M800a en mode bridg�é, accompagn�és d'une source digitale et
d'un pr�éampli de tr�ès haut niveau. On peut donc esp�érer obtenir
d'excellent r�ésultats en mariant ces enceintes avec une large
diversit�é d'amplificateurs �à tubes ou �à transistors.

Sur de tr�ès belles formations baroques �à l'instar de celle du Maestro
Biondi (Europa Galante), on atteint avec mes pensionnaires am�éricaines
une d�ébauche d'�émotion et de timbres que j'ai rarement rencontr�ée.
C'est beau. Que convient-il de dire de plus ? �« I Concerti dell'Addio
�» bouleversent et d�échirent. A ce moment que peut-on penser si ce
n'est qu'il faut absolument garder ces enceintes ? Je me revois plong�é
dans l'atmosph�ère baroque et majestueuse de la biennale v�énitienne,
avec un Biondi d'une �éloquence exceptionnelle.
Les Nola insufflent de l'air partout, m�ême dans le grave et le bas
m�édium. C'est riche, les harmoniques apparaissent de toutes parts, et
les hautes fr�équences ont �à la fois une d�éfinition, un fil�é, une
luminosit�é ainsi qu'une douceur inou�ïs.


Alors, pour ne pas oublier les fans de musique amplifi�ée, il
fallait bien s�ûr mentionner quelques exp�ériences faisant sortir les
Nola Metro Gold 2 en dehors de leur zone de confort qu'est la musique
acoustique.
Un album de Queen est toujours un bon test, m�ême si le remastering
japonais DSD permet quand m�ême d'arrondir les angles.
Sur le dernier album du groupe "Made in Heaven" de 1995 (celui dont la
pochette est une photo de la statue de Freddy Mercury �érig�ée au bord
du lac L�éman �à Montreux), j'ai pu appr�écier �à la fois le fil�é dans les
aigus du tweeter �à ruban (vraiment magnifique) ainsi que la qualit�é du
grave.
Je ne me retrouve pas vraiment dans les mesures qui ont �ét�é prises par
J. Atkinson pour Stereophile de la premi�ère version des Metro
Gold. Subjectivement, l'�équilibre n'est en rien physiologique et la
courbe de r�éponse au point d'�écoute semble en effet tr�ès �équilibr�ée,
avec des registres tr�ès denses, qu'il s'agissent des aigus, du m�édium
(qui est vraiment extraordinaire) ou du grave.
Les Nola s'adaptent parfaitement �à cette musique pop rock romantique
et sophistiqu�ée.
Ce qui impressionne est cette extension dans les aigus avec une
d�éfinition exceptionnelle et en m�ême temps un niveau de distorsion
extr�êmement bas. Je n'ai jamais, quel que soit le type de musique
�écout�ée avec les Metro Gold 2, ou quel que soit le niveau sonore,
ressenti de fatigue auditive durant ces quelques semaines pass�ées avec
mes pensionnaires am�éricaines.

A l'�écoute du groupe am�éricain de Steve Lukather et David
Paich, Toto, les Metro Gold 2 donnent �également beaucoup de
plaisir, m�ême si le niveau de pression acoustique n'est pas r�éellement
comparable �à celui que je peux ressentir �à l'�écoute de mes Vivid Audio
G1.
Les Nola ne sont clairement pas des Wilson ou des Vivid qui vont vous
faire ressentir l'�énergie d�émoniaque d'un groupe de hard rock presque
comme si vous y �étiez. En m�ême temps, elles restent polyvalentes en
comparaison d'enceintes comme celles du manufacturier Sonus faber (�à
format et budget comparable bien �évidemment).
Autant ces deux marques vont rivaliser en termes de qualit�é de timbres
et de fluidit�é du message sonore, ainsi que dans la restitution de la
magie d'une sc�ène d'op�éra, autant les Nola vont prendre l'avantage en
ce qui concerne la reproduction d'un enregistrement live de musique
pop-rock, l�à o�ù les italiennes deviendront �à mon avis un peu trop
sages et trop lisses...

Conclusion:
Cette nouvelle g�én�ération de Nola Metro Gold est excellente. Elles
sont indubitablement ch�ères, mais la qualit�é de fabrication est au
rendez-vous et le plaisir qu'elles procurent �à l'�écoute est du plus
haut niveau.
C'est en tout cas une paire d'enceintes avec laquelle je pourrais
vivre sans probl�ème, et je n'ai eu �à aucun moment l'envie de revenir
vers mes ch�éries sud-africaines. Non, ce qu'a r�éalis�é Carl Marchisotto
force le respect.
On parle souvent �à tord et �à travers de musicalit�é, terme qui ne veut
rien dire �à part signifier qu'on a �éprouv�é beaucoup de plaisir �à
l'�écoute d'un �équipement audio.
Et bien alors, ces Nola Metro Gold 2 sont hautement "musicales", dans
le sens o�ù elles sont tout simplement un concentr�é d'extase
auditive...
Et si Nola Speakers est une marque encore injustement m�éconnue en
France, ces enceintes m�éritent certainement d'�être �écout�ées car ce
qu'elles savent faire, peu de r�éalisations concurrentes sont capables
de le d�élivrer, voire m�ême de l'approcher. La Metro Gold 2 est sans
aucun doute une tr�ès grande enceinte, �à laquelle nous attribuons
logiquement notre meilleure recommandation d'achat.
Jo�ël Chevassus - Septembre 2017
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